Pays Europe
de l’Est
et Centre
En 2019, lors de notre tour d’Europe, nous sommes passés du Nord au Sud, en passant par l’Est et le Centre. Zoom sur 4 pays, la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie et la Croatie.
Durant ce périple, nous avons aussi visité la nature Slovène, puisque en redescendant depuis la Suède et Finlande (Laponie ) puis les Pays Baltes, nous avons naturellement suivi les frontières de l’Est le long de la Biélorussie, et de ce fait traversé la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovénie pour finir notre périple de plusieurs mois par la Croatie. Comme on venait de France, au départ de ce fabuleux parcours, Pays Europe de l’Est et Centre, nous sommes passés par l’Allemagne (la Bavière), la Tchéquie, la Pologne pour remonter vers la Finlande au travers des Pays Baltes. Puis ensuite nous sommes redescendus vers la Slovaquie puis vers la Croatie. Nous voulions surtout prendre notre temps, découvrir l’arrière-pays Baltes, la Slovaquie en profondeur et finir sur l’Istrie, péninsule aux airs de Toscane, où nous avions prévu du repos.
Fin juin 2019, on repart! Depuis 2016 (Slovénie, Suède, Finlande en particulier…) on voyage en 4×4 pour rejoindre nos zones de bivouacs et nos parcours de randonnées à pied en autonomie.
Mais plus que cela, notre départ est plus définitif que l’année dernière, puisqu’on a déménagé toutes nos affaires dans un garde-meuble, et que l’on s’est préparé à voyager pour du reportage sur le vif dans différents endroits du monde, peu connu, en pleine nature et pour longtemps.
Nous prenons la direction du Massif Central, pour bivouaquer en LIvradois.
Puis poursuivons notre route, en diagonal. Second bivouac en pleine forêt. Nous reprenons la direction des Vosges et nous « breakons » une journée au camping Mica, à Corcieux. L’accueil est chaleureux, professionnel. Un camping qui vaut le détour par ses aménagements et son calme.
Puis nous repartons vers la Bavière en passant par Stuggart et Nuremberg.
La tente de toit nous permet de dormir dans le confort et la logistique du couchage s’en trouve simplifié. Je n’aborderai pas la Bavière, qui mérite le détour, nous avons simplement passé sur les petites routes pour éviter les immenses traffics autoroutiers. L’Allemagne est un beau pays, aux paysages variés, l’architecture est plutôt agréable et offre de bonnes surprises.
La Tchéquie
L’arrivée par Ceske Les en République Tchèque est remarquable par l’architecture qui change complètement. On change de monde. Le paysage reste forestier et agricole.
Le contraste est énorme entre les deux pays. Les routes, l’architecture, la gastronomie, tout de suite, la différence vous tape à l’oeil. La Tchéquie est un pays européen, qui n’est pas encore à l’Euro. Cela se comprend par l’économie en cours de développement. Le pays donne une impression de pauvreté et de labeurs. La monnaie est la couronne Tchèque soit 1 € pour 25 couronnes. Le carburant est 20 % moins cher qu’en France. En république Tchèque, le coût de la vie est 4 fois moins élevé qu’en France.
Les Tchèques sont un peu froids au premier abord, mais vous renseignent en cas de besoin. Ils ne sont pas latins dans leurs veines. Nous avons pu voir de beaux éléments d’architecture et de beaux paysages boisers. La Tchéquie est séparé de la Slovaquie depuis 1993, et fait partie de l’UE depuis 2004. Historiquement, la Tchéquie était sour la tutelle de l’empire Austro-hongrois pendant 1000 ans puis pendant 400 ans sous le régne de l’empire Germanique. D’origine boïens puis Slave, les tziganes appelés bohémiens viennent de la région de bohême, principale région de Tchéquie avec la Moravie (comprenant la Silésie).
Le climat est tempéré. Nous sommes passés par Cesky Les, Klatovy, Strakonice, Krumlov, Budejovice, Pisek, Tabor, Savazou, Hradec Kralové, Nachod, Klodzko. Nous avons aimé les parcs de Brazenov, de Broumovsko, Gor stolowych, Niedzwiedzia.
Nous bivouaquons dans les forêts de Ceske Les et le second jour on opte pour un camping bien équipé. On traverse la Bohême en long, par Pisek, par Tabor pour rejoindre le parc de Chraneva près de Chrudim. On poursuivra vers Kraloue pour faire une halte au porte de la Pologne sur le parc de Broumousko.
Les forêts sont bien protégées. Les accès aux véhicules sont souvent interdits. On ne retrouve pas de déchets au sol, les villes et villages sont propres. Le paysage est une alternance de champs ouverts sur les massifs forestiers et de villages traditionnels.
La Pologne
La Pologne est un pays européen avec sa propre monnaie, le zloty. Nous avons rejoint la petite Venise Polonaise, Wroclaw pour passer quelques jours forcés pour faire réparer notre véhicule chez Toyota. Puis nous sommes repartis vers le Nord-est, vers les parcs de Biebrzanski. Nous ferons une halte de quelques jours pour découvrir une faune riche en élans, cerfs.
Les Polonais sont rudes comme des Russes, mais souriants (enfin presque) si vous faites le premiers pas. L’économie est agricole et forestière. Les routes sont désastreuses, surtout en dehors des grands axes. Elles sont mêmes dangereuses et les poids lourds passent partout, y compris dans les centres des villes, roulent vite et mal. Il faut être attentif. Les paysages sont plats, avec un relief faible, forestiers. Les polonais ne roulent pas sur l’or, et ont l’air laborieux. Le coût de la vie est 4 fois moins élevé qu’en France. La Tchéquie et la Pologne sont des pays peu ou pas touristiques. En dehors de villes enregistrées au catalogue de quelques tour-opérateurs, il n’y a pas d’office de tourisme, peu d’hôtels, de campings… En Pologne, les superettes sont petites et souvent les quelques magasins et services sont à l’intérieur des maisons particulières.
Les Polonais sont croyants et pratiquants, si bien que tous les dimanches à partir de 11h ils vont à l’église et très bien habillés. C’est une tradition.
Cependant, nous avons été surpris de voir dans les rues ou sur les routes des polonais ivres, ce n’est pas une légende, quand on dit « saoul comme un Polonais » !
Autre point surprenant: la prostitution omniprésente surtout sur les bords de routes à la campagne!
On fera que traverser ce pays qui reste compliqué, en dehors des grands axes routiers. Le Nord, côté mer est touristique pour les plages.
Il y aurait en Pologne du Nord-est, quelques élans, cerfs, lynx, loups, putois, aigles… Mais en été, il est difficile de les voir. Il y a en abondance: moustiques, mouches plates…
Enfin, il est difficile de bivouaquer, car les forêts sont souvent privées, appartenant à des compagnies d’exploitation. Beaucoup de télésurveillance, c’est comme ça que nous avons rencontré Alex, qui nous a invité chez lui car le bivouac n’était pas conseillé en plus du fait du risque de chutes de pins!
La Slovaquie
De retour du Nord de l’Europe, nous sommes repassés par les Pays Baltes la Pologne pour arriver en Slovaquie en longeant la Biélorussie.
Nous passons par Bialystok, Osiedle Bojary, Siemiatycze, Zamosc pour faire une halte au camping Cezan. Nous arrivons en final en Slovaquie par Presov pour ensuite fondre sur le Massif des Tartras (une partie se trouve en Tchéquie, avec des paysages fabuleux).
Nous suivons la vallée principale qui nous conduit naturellement sur Lévoca, Poprad, Batizovce, Steba, lieux d’activités sportives au départ des Tartras.
Depuis Tartranska Polianka, Visoke Tartry, on part en excursion pour la journée sur le site montagneux de Slavkovsky stït, de Lomnicky stït et sur le site de la great cold valley.
Les parkings sont surveillés pour deux euros. Beaucoup de monde, car les Tartras sont un haut-lieu des sports nature et chaque ville est une station très dynamique avec ses restaurants, ses hôtels, ses commerces d’articles de sport.
On peut y passer des nombreux jours à pratiquer tous les sports de randonnées, de vols à voile, canyoning et en hiver on peut pratiquer le ski, la raquette…
On poursuivra notre route en bivouaquant dans les forêts en passant par Prybilina, Liptovsky Hradok, Mikulas, superbes ambiances pour séjourner en pleine nature sur Liptovska Luzna et Osada.
Faire des rencontres! voilà pourquoi nous voyageons : découvrir la nature avec un grand N mais aussi faire des rencontres humaines inoubliables ! Que dis-je des rencontres humanistes, telle a été notre journée du 15 septembre 2019.
Nous rencontrons au cours d’une nos balades champêtres, près de Luzna, deux villageoises en train de cueillir des fruits rouges du Rhododendron, pour faire des confitures. Nous faisons connaissance et tout de suite le courant passe. Nous les laissons continuer leur cueillette, mais il semblait que la conversation restait inachevée. Je décide de les revoir, pour les inviter en France, si un jour, elles décident de visiter notre pays. De là, tout s’enchaine comme dans les bons films, elles discutent entre elles et nous invitent sans protocole à venir manger chez elles.
En début d’après-midi nous sommes accueillis chaleureusement. Le village se trouve à proximité de notre lieu de bivouac. Nous sommes invités à passer à table et le repas convivial sera digne des grands restaurants gastronomiques. Potage aux légumes du jardins et volailles, pâtes maison, pizzas locales, dessert arméniens, arrosé d’un cabernet sauvignon à faire rougir les grands crus français. S’ensuit le café ; le tout dans une conversation en anglais à tout va, nous apprenant la vie locale, les us et coutumes… Amélie la mère, Mirka la fille, mariée et maman de Sofia 8 ans, nous racontent des extraits de leur vie.
Plus tard nous rencontrons une partie de leur famille, Anna, Martina,.. et discutons tourisme, économie, politique… Nous recevons des présents, jouets, linges, bijoux bio, comme cadeaux et sommes sous le charme de leur accueil, leur spontanéité et leur sourire …
Voilà c’est comme ça qu’est notre vision du voyage, des rencontres chaleureuses et authentiques! On en fera bien d’autres, c’est super pour le moral, on est peut-être pas seuls sur cette Terre
Nous découvrons les massifs montagneux autour du village, avec notamment Sedlo Pod Ciernym Kamenom, de l’autre côté d’Osada.
Nous continuons notre périple vers l’Est, vers Levoca, pour rejoindre le parc de Slovensky Raj. Nous décidons de bivouaquer dans une forêt isolée. Mais très vite, alors que nous montons le camp, un gros chien arrive sur nous! enfin au début, on a pensé à un ours tellement ce chien était gros. Il s’agissait d’un leonberg suivi de son maître. Ce dernier, nous fait des signes faisant penser à une imitation d’un monstre avec ses grosses dents et ses griffes! Puis il nous fait signe de venir, de le suivre! on ne comprend pas, mais on se dit qu’il est peut-être interdit de camper dans ce coin. Après quelques gestes et mimiques suplèmentaires, on comprend que nous sommes en danger, car ici, il y a des attaques d’ours! Bon sang! alors il est préférable d’écouter ce monsieur. Nous le suivons en voiture dans un chemin en descente pour finalement rentrer dans sa propriété planquer dans les bois. L’accès est balaise, en voiture je dois manoeuvrer et passer sur un pont de bois qui me paraît bien léger! On se cale sur une plateforme herbeuse, sous le contrôle de notre hôte et descendons du véhicule. Il nous accueille avec le sourire et nous invite chez lui, pour la soirée? non! pour la nuit, car dit-il, ici, il y a des ours et il fait très froid aussi.
Et c’est ainsi que nous passons une superbe soirée, avec Ladizslov, autour de chorizo, de choux bruns cuits, de bière et de vodka. Nous ne parlons pas la même langue, mais nous nous comprenons. Dans la soirée, sa femme, Tania nous rejoint. Le lendemain matin, un petit déjeuner copieux nous attend. Magnifique!
Nous repartons au travers de chemins, pour rejoindre tardivement la route principale, vers Roznava, Brzotin dans le sud. Nous rencontrons des communautés roms, venant de de Roumanie, dans ces villages. Ils sont tolérés car ils s’intègrent. Du côté des Tartras, ils circulaient en forêts pour cueillir des baies, on les a souvent rencontré sans soucis.
On décide de se rendre à la frontière Hongroise pour rejoindre la Slovénie. On croise Rimavska, jolie petite ville, Lucenec, Cebovce, Opava. On fait une halte dans un camping unique, une ferme-camping où l’on peut se nourrir des bienfaits de la culture naturelle: Camping Lazy. Accueillis par Bernadette et Arnold, on y rencontre des allemands, des hongrois, des anglais, des australiens, des français. Bien, c’est la fête, on s’amuse dans cette petite communauté bien sympathique.
Après notre périple en Slovaquie, nous rejoignons le Lac Balaton en Hongrie. Sur ce couloir, on passe entre deux capitales, Bratislava pour la Slovaquie et Budapest pour la Hongrie. On rejoint ensuite Maribor en Slovénie mais on aurait pu très bien aller en Croatie par Zagreb directement.
Le Balaton est une station balnéaire sans intérêt. Piège à touristes, avec des Hongrois à la limite de l’honneté, convertissant à leur guise la couronne hongroise en €. Il fallait donc être toujours vigilant surtout dans les campings et les locations de gîtes, comme notre témoignage sur notre aventure au Panorama Vendeghaz voir notre récit de voyage!!
La Croatie
Pays d’entre-deux, on retrouve une influence des Balkans à l’Est, côté Zagreb, Osijek, et une influence Italienne, plus européenne, le long de la mer Adriatique, sur Split par exemple. Nous avons décidé de découvrir l’Istrie, face à l’Italie, donc région aux airs d’une Italie à la Toscane. Péninsule au Nord, nous passons par Rijika pour arriver à Vranja, en plein coeur du parc national de Ucka.
On s’y arrêtera deux semaines, le temps de se reposer avant de repartir vers l’Italie et la France.
Cette région est reposante, car moins touristique que le sud et les iles. On peut aller à la mer comme à la montagne en moins d’une heure, et lorsque vous vous situez en plein milieu de cette région, tout est accessible à 30 min. C’est donc un terrain de jeu idéal, permettant de profiter de randonnées en montagne et de balades le long des criques.
L’architecture et l’ambiance sont sous influence italienne. Production agricole, tourisme, le pays est européen, il vient de passer à l’Erour en 2023.
Beaucoup de paiement se font en cash, come les autres pays que l’on a visité et de ce côté, il reste des progrès à faire pour que les paiements puissent se réaliser en CB.
L’huile, les olives, les fruits, le vin sont des productions artisanales typiques..
La Croatie s’ouvre au tourisme, mais beaucoup d’endroit restent préservés : le nord, l’Est et l’Istrie. C’est un pays accessible
Nous avons été hébergé dans des gîtes à la campagne. Les prix en Croatie reste raisonnable bien que plus élevés que dans les autres pays plus au nord, par lesquels nous sommes passés. Les rencontres ont été chaleureuses et Iva, Sonia, nous ont accueillis toujours autour du verre de l’amitié. On a même eu droit à des spécialités gastronomiques locales.
De point de vue historique, la guerre de 91 a tendu les relations entre les différentes communautés: croates, serbes, bosniaques, koso- vars,… Des traces des bombardements sont encore visibles à la frontière slovène et vers l’extrème sud. De temps en temps, reste des vestiges de cette guerre, comme des ruines qui sont restées en l’état.
Les Balkans regroupent différents territoires, différentes commu- nautés et religions, et la recherche d’indépendance fût la cause des conflits. Historiquement, les balkans ont toujours été une région instable et de nombreuses guerres y ont débutées comme 14-18, 39-45, 91.
Aujourd’hui, l’entrée dans l’Europe semble calmer les indépendances, les peuples ne veulent plus de conflits, mais les politiciens continuent de se disputer et de prôner le nationalisme, en contradiction avec la volonté des peuples qui souhaitent démocratie et paix. Les Balkans ont toujours été tiraillées entre l’empire Russe, l’empire Otoman et l’Europe de point de vue identitaire et politique. Sont aussi représentées les religions catholiques, Orthodoxes, islamiques…
Iva notre hôte, nous guide dans un anglais parfait. Dans tous les pays que nous avons visités, chacun parle l’anglais facilement, ce qui n’est pas le cas en France, bien que les nouvelles générations sont davantage bilingues.
On a goûté à l’huile d’olive locale délicieuse, mangues et fruits de la passion, vin et bien d’autres délices. On a détesté le vin mélangé au coca cola servit comme un vin nature sur un repas gastronomique: curieux!
Donc, on a découvert le parc de Ucka, lors de belles randonnées en forêts, puis des sites sumpas comme Boljun, Draguc et son château, Jakacici avec ses vignes, Kanfanar et ses ruines, Drobec, Brsec et ses criques merveilleuses, Brestova, la sublime Porec (les pieds dans l’eau), Rovinj, Plomim, Rabac, la presqu’ile de Premantura, Médulin, et la capitale de l’Istrie, Pula.
Multiples points de randonnées comme à Staza Sedam Slapova, mais aussi des visites de villages et de bords de mer avec des criques et plages incroyables, et l’ensemble avec très de peu de monde, puisque les touristes se concentrent de l’autre côté sur Stinica, les iles… D’ailleurs beaucoup d’excursions sont proposées vers les différentes iles sur l’Adriatique.