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Ludovic DELCROS

Passionné par le voyage, rédacteur

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Récits de Voyage

Récits de Voyage

On s’est fait arrêter par la police Estonienne! Et l’armée Finlandaise!

Récits de voyage

Alors que nous faisions notre tour d’Europe, en Estonie, nous explorions les forêts en bordure de la frontière Russe. Comme d’habitude, pour trouver notre prochain coin bivouac, on s’écarte des villes et villages pour aller dans des zones perdues et isolées. Quelle idée a t’on eu de vouloir s’enfoncer dans ces forêts sombres et épaisses de la frontière entre l’Estonie et la Russie! Nous étions avec notre 4×4 surchargé et notre détour par les chemins cabossés nous a conduit sur un chemin en bord de frontière. On vous raconte tout dans nos récits de voyage!

Nous empruntions divers chemins, mais nous faisions marche arrière, car l’entrée de chaque chemin était agrémenté d’une camera et d’un panneau indiquant de ne pas dépasser la limite  » la border line ». On s’amusait à avancer le capot avant de la voiture juste sous le nez de la caméra sans nous montrer ni montrer la voiture. On se disait qu’au quartier frontière, que les gardes se poseraient des questions, style « mais qu’est-ce que c’est ce véhicule? » Bref, on titillait les autorités.

 

Puis sur un chemin, nous passons sous une barrière levée, quand notre regard se fixe sur des caméras posés sur les arbres! Nous sommes surveillés, c’est certain et avoir passé la barrière ne nous rassure pas, car peut-être avons nous commis une infraction en pénétrant dans une zone « la border line » interdite d’habitude. Mais là, ici même à l’endroit de notre passage, pas de panneaux d’interdiction, ni de routes barrées. Alors, on continue!! On fait le tour du massif, toujours le long de la frontière, on tente de passer par un chemin, mais nous sommes obligés de revenir en arrière car des travaux forestiers occupent le chemin. 

 

On continue sur d’autres chemins, à faible allure, on change souvent de direction, on revient souvent sur nos pas et finalement on décide de repartir de cette zone sans intérêt pour un bivouac tranquille. On accélère, on se met à rouler franchement dans le chemin du retour quand je vois tout un coup, des reflets bleu et rouge dans mon rétroviseur extérieur! « De dieu! » Me dis-je, c’est la police!!

récits de voyage
exemple de véhicule d'intervention

En effet, la police des frontières Estonienne nous suivait plein gaz depuis un bout de temps, et nous tranquille, on continuait à avancer! Du coup, l’interpellation a été sans équivoque, comme dans les films de gangsters, avec leur voiture 4×4, sirène hurlante, girophares éblouissants, la police Estonienne nous arrête. Trois gaillards sortent du véhicule, deux d’entre-eux viennent à ma fenêtre, tandis que le troisième reste en retrait avec le fusil mitrailleur braqué sur les roues. 

 

Je baisse ma vitre, les salue et leur demande ce qui se passe? Ils m’expliquent qu’ils me suivent depuis plusieurs minutes et que par la vidéo, ils ont remarqué mes allés et venus sur la frontière! (c’est vrai que lorsque nous voyons une caméra, on avançait le 4×4 pour que la caméra prenne le capot avant, cela nous amusait de savoir que de l’autre côté des gens se demandaient à qui pouvait appartenir ce bout de capot et quels sont ces individus qui se font photographier à chaque détour de chemins!)

Ils me demandent ce que je fais ici, si je viens de la Russie! Ou si je suis un passeur venant récupérer des migrants clandestins? 

Tout en posant ces questions, je vois les deux autres policiers inspecter le véhicule, et le troisième gaillard avec son arme, surveiller tous mes gestes! Je leur explique que nous cherchons un coin bivouac, que nous sommes de simples touristes, et lui montre sur le GPS le parcours que l’on vient de faire. En même temps, je lui présente ma femme et mes filles, en ouvrant les fenêtres pour lui montrer que l’on a rien à cacher.

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On continue à discuter pendant plusieurs minutes tout en leur demandant quel est leur rôle ici. Je regarde leur équipement, ils sont armés jusqu’aux dents et me dit qu’ils surveillent la frontière, car ils n’ont pas confiance aux Russes, qui s’amusent de temps en temps à faire des manoeuvres militaires à la limite de la frontière. Il me dit de ne pas revenir sur les chemins de la border line d’un ton sérieux mais avec le sourire.

On les quitte ensuite, en nous raccompagnant jusqu’à la route, puis s’évanouissent dans la forêt comme ils étaient venus.

C’est aussi en Finlande, que nous nous sommes faits des frayeurs. Toujours dans le même contexte, près de la frontière Suédoise, après Pajala, dans le Nord, on décide de rejoindre un lac pour bivouaquer. 

 

On emprunte un chemin et après une centaine de mètres, on voit sur le côté, un panneau indiquant que nous rentrions dans une zone militaire interdite. Ecrit en Finnois, on met du temps à traduire mais continuons notre chemin. On croise un gros 4×4 militaire et on salue le conducteur en toute innocence. Puis quelques minutes après, ayant compris ce qui était marqué sur le panneau, on décide de faire demi-tour. On voit le véhicule militaire stopper, et on comprend, qu’il va nous interpeller. Du coup, on rejoint le militaire en plaçant notre véhicule à côté du sien dans le même sens. On se place à sa hauteur et j’ouvre ma vitre pour comprendre ce qu’il me dit. Il m’explique que je dois sortir de la zone sans délai, il reste dans son véhicule, interroge son ordinateur sur notre plaque d’immatriculation.

 

Tout son tableau de bord est truffé d’appareils électroniques, radar, ordinateurs, Gps, CIBI, téléphones…et armes!!! C’est un labo roulant et une armurerie en même temps. Il reste assis dans sa voiture, il nous donne les instructions, et nous explique que le fait d’avoir pénétré dans la zone, a alerté le QG et que des troupes sont sur le point d’être mobilisées pour nous intercepter! « Oh c’est une blague! Non? Ouah, ça craint » 

 

En conversation avec le QG, il indique que nous sommes de simples touristes égarés et lève ainsi la mobilisation. On se croirait dans un roman d’Arto Paasilinna. Il nous explique que l’on a eu chaud car ici on ne plaisante pas avec la sécurité nationale. Enfin, pour finir, il nous demande de se prendre la direction de la ville voisine et qu’il sera derrière nous pour vérifier que l’on s’éloigne bien. Ainsi, jusqu’à la ville, à quelques km, il nous escorte avec les girophares, histoire de montrer que l’on ne rigole pas! Après il nous quitte à l’entrée de la ville en nous faisant le salut militaire et l’air de nous dire « je vous ai l’oeil » avec le sourire!

FINLANDE LAURE 179
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