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Ludovic DELCROS

Passionné par le voyage, rédacteur

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Récits de Voyage

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récits de voyage

La rencontre de l'Ours que l'on ne verra pas!

Récits de Voyage

En juillet 2021, nous sommes en Roumanie, dans les Carpates. De bivouac en bivouac, on rejoint une vallée le long de la Barsa River, près de Zarnesti, au sud-ouest de Brasov. C’est une région avec montagnes et forêts sauvages, concentrant une forte population d’ours, d’après les habitants.

L’ours est fortement présent en Roumanie, du fait du relief et de ses forêts préservées, certaines étant même primaires et protégées. L’ours de Carpates est un ours habitué à l’Homme, il descend des montagnes pour aller fouiner dans les poubelles des villages et à pris l’habitude d’être nourri par les locaux! Ce qui fait que l’ours de ces régions a associé l’Homme à la nourriture. Dès qu’il voit un être humain, il s’approche sans peur pour obtenir sa ration. Mais comme l’Homme n’a pas toujours de la nourriture à donner, l’ours à tendance à être plus agressif et c’est comme cela que sont répertoriées de nombreuses attaques en Roumanie. Si bien, que dans le nouveau programme de protection des ours, il est prévu de déshabituer l’ours à la nourriture facilement accessible en supprimant les poubelles, les déchets…

On vous raconte tout dans les récits de voyage. 

Mais cela on nous l’a expliqué que le dernier jour, ce qui fait que l’on s’est rendu compte que nous avions peut-être pris un risque en randonnant dans la région la plus peuplée en ours de Roumanie!

Donc, pour revenir à notre trek dans les Carpates, nous suivions un itinéraire de randonnée, quand nous sommes arrivés dans une petite vallée entourée de montagnes. On décide alors de planter la tente sur un replat herbeux au pied d’un ruisseau. L’endroit est un petit paradis. Arrive un berger avec ses moutons et ses chiens. On discute et nous lui demandons si on peut bivouaquer ici, sans risque. Il nous répond que le soir, personne ne reste dans la montagne, et qu’avec son troupeau, il est toujours avec ses chiens, molosses de grandes tailles qui ont pour rôle de défendre contre l’ours.

Ah, bien, on ne peut pas redescendre au village, car il va faire nuit et le retour sera trop long.

On maintient le bivouac et on décide de rester éveillé toute la nuit, pour surveiller la venue éventuelle de l’ours.

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Ainsi, on plante la tente, on entoure le campement d’une ficelle avec des bear’s bells, des clochettes qui nous avertiront si un animal touche la corde. On prépare un feu avec beaucoup de bois pour toute la nuit. Après le repas, on range tout, on planque nos déchêts dans un arbre, en hauteur et à une centaine de mètres du camp. On dit aux filles d’aller se coucher, on surveillera le camp près du feu. Puis la nuit tombe, on alimente le feu, on s’assoit à côté, dans nos duvets et on attend, aux aguets. La nuit est noire, sans lune, avec quelques étoiles. A 10 mètres du feu, on ne voit même pas la tente! Il fait vraiment nuit! Tout est calme, seul le petit ruisseau se fait entendre, mais n’étouffe pas les quelques bruits liés aux petites bêtes qui circulent dans l’herbe ou dans la forêt.

Le camp est en lisière de la forêt, sur une petite esplanade herbeuse, si bien que si un animal approche, il sera à découvert. Mais avec la nuit, seules nos oreilles peuvent nous aider à détecter l’éventuel animal. De temps en temps, j’allume la lampe frontale pour examiner les alentours, et au moindre bruit suspect. On se retrouve dans une atmosphère pesante, et arrive de nombreuses questions et de reproches: « mais qu’est ce que l’on fait là? » « on est stupide de se mettre en danger comme ça! »

Puis Laure pose la question qui va nous plonger dans la perplexité: « et si l’ours arrive, face à nous, comment va t’on réagir? et les filles, faudra t’il les réveiller? et comment s’interposer? Et si l’ours attaque, qu’est-ce que l’on fait? »

A partir de ce moment, l’atmosphère va changer, on va s’angoisser sérieusement. Mais oui, au fait, on s’est pas toujours posé la question d’une rencontre avec un animal dangereux! J’ai bien bien ma bombe au poivre, un couteau de chasse, un grand bâton, suffisant pour repousser des chiens mais ours?!

Toute la nuit, on a veillé, sursautant dès qu’un bruissement de feuilles se faisait entendre, qu’une branche craquait. La nuit étant vraiment noire, même avec une puissante lampe frontale, on n’éclairait pas grand chose, on se sentait vulnérable. Mais pas question de se laisser intimider, de se laisser gagner par la peur, si l’ours arrive, il faudra protéger les filles et faire front, courir ne sert à rien, il faudra lui montrer qu’on n’est pas une proie et qu’il prendra trop de risque à s’approcher. Les prédateurs ne prennent pas de risques inutiles lorsqu’ils chassent, ils économisent avant tout leur énergie et évitent à tout prix, de se blesser. Voilà ce que je me dit, dans ce moment angoissant et il me revient en mémoire toutes mes connaissances et la pratique sur le milieu sauvage et toutes les actions à suivre en cas de coup dur. De toute façon la confrontation avec un ours n’est pas envisageable, il faut l’éviter absolument.

Alors que l’on commençait à baisser notre vigilance vers trois heures du matin, un craquement de branche, plusieurs fois répétés s’est fait entendre! On sursaute, à t’on bien entendu? Pendant quelques minutes, on entend, on sent qu’un animal assez gros rode autour du camp, mais assez éloigné encore. Il n’a pas franchi la lisière de la forêt. Il nous semble entendre une sorte de souffle saccadé, mais nous en sommes pas sûrs. On reste vigilant, on est levé, on regarde en direction du bruit, on éclaire, on fait du bruit nous aussi, on parle, on élève la voix, on indique notre présence! On remet du bois dans le feu. Il ne faut jamais surprendre un ours, ou quelconque prédateur, car c’est à ce moment là, qu’ils sont dangereux, alors on signale notre présence en faisant du bruit.

Lors de nos randonnées, en général, on sait que l’on verra aucun animal, car nous faisons du bruit en parlant, en marchant. Si bien, que si on veut voir un élan par exemple, on se mettra à l’affût ou on marchera sans bruit tout doucement.

Les minutes passent, le bruit à l’air de s’éloigner. Puis, vers 5h du matin, le jour commença à se lever. On se décontracte. On en profite pour faire un somme de deux heures et au matin on décide de chercher des traces autour du camp. Bingo, là où on avait entendu des craquements de branches, on relève des traces d’ours!!! c’est bien un ours qui est passé cette nuit. On suit la piste toute fraîche pendant quelques minutes puis celle-ci disparaît dans le lit du ruisseau. Puis on relève des traces de renard, et même de lapins! Eh bien, il y eu du monde cette nuit!

Le berger revint dans l’après-midi, et on entendit au loin dans la montagne ses chiens aboyer, ils ont relevé une piste d’un ours mâle. On lui raconta notre histoire nocturne, et nous dit que c’était bien un ours qui est passé, mais que pour les prochaines nuits, on n’aura rien à craindre, car les chiens vont rester dans les parages pour surveiller.

On a rencontré l’ours sans le voir!

On a croisé des ours, des loups, des renards, des élans, des cerfs… lors de nos différents périples, en Suède, en Finlande, en Slovaquie, en Slovénie, en France… on a rencontré bon nombre d’entre-eux, mais le plus spectaculaire a été la rencontre avec les cerfs de Slovaquie et de Slovanie en automne. Le brame est un moment fort, surtout quant on est entouré par plusieurs mâles gavés d’hormones. Puis la rencontre avec l’élan à été aussi un moment incroyable. Voir ses animaux an pleine nature, majestueux, grands, fiers est un spectacle saisissant. Comme en Margeride, en France, sans le voir, on a relevé des traces d’un loup , c’est magique, on s’est replongé dans l’histoire de la bête du Gévaudan. On a vu des loups en Espagne, en Castilla de Leon et aussi en Finlande et Allemagne, dans les champs, sans s’y attendre. Les apparitions sont fugaces en général.

Nous essayons de prendre des photos mais souvent sans succès. On a quand même réussi quelques beaux clichés:

nos plus belles photos

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